La Parolière

Un site de mots, sans prétention. J'écris des poèmes et des chansons que je vous propose de lire et de commenter. J'apprécie également les textes d'autres artistes, connus ou inconnus, que je souhaite partager.

19 avril 2008

Sur toi

Un jolie chanson :


J'écris sur ce que j'endure
Les petites morts, sur les blessure
J'écris ma peur
Mon manque d'amour
J'écris du cœur
Mais c'est toujours

Sur ce que je n'ai pas pu dire
Pas pu vivre, pas su retenir
J'écris en vers
Et contre tous
C'est toujours l'enfer
Qui me pousse

A jeter l'encre sur le papier
La faute sur ceux qui m'ont laissée
Ecrire, c'est toujours reculer
L'instant où tout s'est écroulé

On n'écrit pas
Sur ce qu'on aime
Sur ce qui ne pose pas
Problème
Voilà pourquoi
Je n'écris pas
Sur toi
Rassure-toi

J'écris sur ce qui me blesse
La liste des forces qu'il me reste
Mes kilomètres de vis manquée
De mal en prose, de vers brisés

J'écris comme on miaule sous la lune
Dans la nuit, je trempe ma plume
J'écris l'abcès
J'écris l'absent
J'écris la pluie
Pas le beau temps

J'écris ce qui ne se dit pas
Sur les murs, j'écris sur les toits
Ecrire, c'est toujours revenir
A ceux qui nous ont fait partir

On n'écrit pas qu'on manque de rien
Qu'on est heureux, que tout va bien
Voilà pourquoi
Je n'écris pas
Sur toi
Rassure-toi

J'écris quand j'ai mal aux autres
Quand ma peine ressemble à la votre
Quand le monde me fait le gros dos
Je lui fais porter le chapeau

J'écris le blues indélébile
Ça me paraît moins difficile
De dire à tous plutôt qu'à un
Et d'avoir le mot de la fin

Il faut qu'elle soit partie déjà
Pour écrire " ne me quitte pas "
Qu'ils ne vivent plus sous le même toit
Pour qu'il vienne lui dire qu'il s'en va

On n'écrit pas la chance qu'on a
Pas de chanson d'amour quand on en a
Voilà pourquoi, mon amour
Je n'écris rien
Sur toi
Rassure-toi

Zazie

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18 avril 2008

Ce que je sais de toi (à l'artiste)

Ce que je sais de toimicro
La grâce au bout des doigts
Et le rire qui s'effrite
La voix en mille éclats
Les mots coulent, et parfois
Une larme s'invite

Ce que je sais par cœur
Des forces et des couleurs
Que dansent tes chansons
N'a pour seule pudeur
Qu'un fin manteau de fleurs
Pour en couvrir ton nom

Ce que je sais n'est rien
Mais ça fait tant de bien
Que j'en espère encore
Quelques notes le matin
Puis quand le ciel s'éteint
En pluie de météores

Ce que je sais m'abîme
Quand l'émotion réprime
Ce qu'il reste d'effort
Pour contenir les rimes
D'un auteur anonyme
Au papier sans décor

Ce que je sais de toi
En un souffle s'en va
Retrouver d'autres âmes
Je t'offre un cœur qui bat
Un poème maladroit
Pour unique oriflamme

Ce que je sais m'entraîne
Et le sang dans mes veines
Bouillonne en ton espace
Au prochain tour de scène
Je recevrai, sereine,
Le dernier coup de grâce...

Sparadra

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13 avril 2008

The answer (to an adopted child)

adoptionNot flesh of my flesh
Nor bone of my bone,
But still miraculously
My own.
Never forget
For a single minute:
You didn't grow under my heart
But in it.

© Fleur Conkling Heyliger


Traduction:

La réponse (à un enfant adopté)

Ni la chair de ma chair
Ni la moëlle de mes os
Mais pourtant miraculeusement
Mien
N'oublie jamais
Un seul instant:
Tu n'as pas grandis sous mon coeur
Mais à l'intérieur

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12 avril 2008

Envolée

envol

Après s'être traités de tous les noms d'oiseau
Et volés dans les plumes à s'en briser les ailes
C'est moi qui me retrouve, lassée, le bec dans l'eau
Je suis tombée du nid sans avoir vu le ciel

De mon arbre à ta cage c'était pas bien loin
A peine l'espace d'un mot plus haut que l'autre
A vol d'oiseau ça n'a pris pas moins
D'une seconde pour te pousser à la faute

Je me croyais pourtant tout près du paradis
Une mère-poule pour un coq en pâte
Deux oiseaux sur leur branche, puis
La vie qui s'écroule comme un château de cartes

Pour avoir voulu jouer chacun à tour de rôle
Le corbeau, le pigeon et le canard boiteux
Nos cœurs se sont froissés en un amas de tôle
A jamais épuisés avant même d'être vieux

Va-t-en jouer ailleurs les oiseaux migrateurs
Retrouver d'autres oies aux cervelles de moineau
Les plus bêtes d'entre elles te jetteront des fleurs
Fais leur ton chant du cygne, fais le brave, fais le beau

N'attends plus, mon vautour, que je fasse le pied de grue
Juste en bas de chez toi pour te faire revenir
Ma chair de poule abîmée ne supportera plus
Ce corps qui m'habitait jusqu'à m'en faire rougir

Car si à tes yeux je ne peux trouver grâce
Si l'amour s'en envolé sans demander son reste
Je ne finirai pas en dindon de la farce
Retourne à tes augures, je retourne ma veste

Sparadra

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07 avril 2008

Et...

Et au bout de mon souffle je t'offrirai un angeKlimt1
Pour envoler ton âme vers un ciel sans nuage
Que le voyage soit doux et que ton cœur se lange
Dans la même lumière qui baignait mes images

Et dans un geste tendre je m'improviserai peintre
Je rendrai simplement leur éclat à tes yeux
Te rougirai encore en une dernière étreinte
Pour savoir ce que vaut la couleur des adieux

Et sur ta pierre froide je mettrai le soleil
Qu'il réchauffe de son feu l'absence sur ma peau nue
La caresse encore tiède de ma paume te veille
Chaque fois, chaque endroit, chaque jour un peu plus

Et sur ce qu'il me reste de peines et de détours
J'apprendrai les années, le temps qui pèse en moi
A t'aimer pour de mal, mais à t'aimer toujours
Je m'oublierai enfin en retrouvant tes bras

Sparadra

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03 avril 2008

Demain, dès l'aube

arbre

Demain, dès l'aube, à l'heure où blanchit la campagne,
Je partirai. Vois-tu, je sais que tu m'attends.
J'irai par la forêt, j'irai par la montagne.
Je ne puis demeurer loin de toi plus longtemps.

Je marcherai les yeux fixés sur mes pensées,
Sans rien voir au dehors, sans entendre aucun bruit,
Seul, inconnu, le dos courbé, les mains croisées,
Triste, et le jour pour moi sera comme la nuit.

Je ne regarderai ni l'or du soir qui tombe,
Ni les voiles au loin descendant vers Harfleur,
Et quand j'arriverai, je mettrai sur ta tombe
Un bouquet de houx vert et de bruyère en fleur.

Victor Hugo

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02 avril 2008

Les mots

mots

C'est à l'abri du temps
Qu'ils se sont réfugiés
Pour se perdre un instant
Sur un bout de papier
C'est à l'âme d'un chant
Qu'ils se sont invités
De leur main, attendant
Ta gorge déployée

C'est à l'aube d'un cœur
Qu'il faut imaginer
La fièvre et la douceur
L'une à l'autre emmêlées
Les joies et les douleurs
Qui se sont rencontrées
Dans ces mots de chaleur
Que tes lèvres ont livrés

Ils sonnent avec fracas
S'habillent de velours
La note prend le pas
La magie prend son tour
Quand se rejoignent alors
Leur ombre et ta lumière
Lorsque la vie prend corps
Et ouvre tes paupières

C'est à l'abri du vent
Qu'ils n'ont cessé d'attendre
D'être expiés maintenant
Pour mieux nous faire entendre
A qui voudra pourtant
A qui pourra comprendre
Les mots battus au sang
Dans les chairs les plus tendres

C'est à l'aube d'un mal
Que rien ne peut guérir
Que leur présence avale
Nos hivers et nos pires
Que leur cadence exhale
Ce qu'on ne sait pas dire
C'est ainsi qu'ils nous parlent
Juste avant de mourir

Ils sonnent avec fracas
S'habillent de velours
La note prend le pas
La magie prend son tour
Quand se rejoignent alors
Leur ombre et ta lumière
Lorsque la vie prend corps
Et ouvre tes paupières

Sparadra

Posté par Sparadra à 12:44 - Chansons - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]



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