24 avril 2008
L'enfant qui n'est plus là
L'absence mène la danse de son pas perdu
Le silence gris et les mots décousus
Ont éteint la lumière dans ses yeux et sa voix
Et chaque année qui passe enlace une autre larme
En chaque anniversaire se terre un nouveau drame
Pour un sourire dans un cadre en bois
L'enfant qui n'est plus là
Et l'espace d'un instant, ils se surprennent à croire
Qu'il déboulera soudain au détour d'un couloir
Q'ils l'entendront peut-être encore une dernière fois
Au fond d'une chambre vide tapissée de chagrin
Où se dessine encore l'empreinte d'une main
Oubliée sur la vitre privée de son éclat
L'enfant qui n'est plus là
S'est envolée l'envie, scellé le mal de vivre
Plus la force de s'aimer, d'aimer à se souvenir
Le temps se fait combat, et le pire dans tout ça
Se survit à lui même, essaime ce qu'il reste
De passé et d'avenir, dans sa robe funeste
Enveloppant un coeur qui ne grandira pas
L'enfant qui n'est plus là
Lutter une fois de plus, mener la même guerre
Chaque matin que Dieu fait se défait de colère
Arrachée au bonheur qui remplissait leurs bras
L'absence mène la danse de son pas perdu
Dans ce silence gris qui lentement les tue
Pour un corps qui dort sous une croix
L'enfant qui n'est plus là
Sparadra
20 avril 2008
Alone
From childhood's hour I have not been
As others were; I have not seen
As others saw; I could not bring
My passions from a common spring.
From the same source I have not taken
My sorrow; I could not awaken
My heart to joy at the same tone;
And all I loved, I loved alone.
Then - in my childhood, in the dawn
Of a most stormy life - was drawn
From every depth of good and ill
The mystery which binds me still:
From the torrent, or the fountain,
From the red cliff of the mountain,
From the sun that round me rolled
In its autumn tint of gold,
From the lightning in the sky
As it passed me flying by,
From the thunder and the storm,
And the cloud that took the form
(When the rest of Heaven was blue)
Of a demon in my view.
Edgar Allan Poe
19 avril 2008
Sur toi
Un jolie chanson :
Les petites morts, sur les blessure
J'écris ma peur
Mon manque d'amour
J'écris du cœur
Mais c'est toujours
Sur ce que je n'ai pas pu dire
Pas pu vivre, pas su retenir
J'écris en vers
Et contre tous
C'est toujours l'enfer
Qui me pousse
A jeter l'encre sur le papier
La faute sur ceux qui m'ont laissée
Ecrire, c'est toujours reculer
L'instant où tout s'est écroulé
On n'écrit pas
Sur ce qu'on aime
Sur ce qui ne pose pas
Problème
Voilà pourquoi
Je n'écris pas
Sur toi
Rassure-toi
J'écris sur ce qui me blesse
La liste des forces qu'il me reste
Mes kilomètres de vis manquée
De mal en prose, de vers brisés
J'écris comme on miaule sous la lune
Dans la nuit, je trempe ma plume
J'écris l'abcès
J'écris l'absent
J'écris la pluie
Pas le beau temps
J'écris ce qui ne se dit pas
Sur les murs, j'écris sur les toits
Ecrire, c'est toujours revenir
A ceux qui nous ont fait partir
On n'écrit pas qu'on manque de rien
Qu'on est heureux, que tout va bien
Voilà pourquoi
Je n'écris pas
Sur toi
Rassure-toi
J'écris quand j'ai mal aux autres
Quand ma peine ressemble à la votre
Quand le monde me fait le gros dos
Je lui fais porter le chapeau
J'écris le blues indélébile
Ça me paraît moins difficile
De dire à tous plutôt qu'à un
Et d'avoir le mot de la fin
Il faut qu'elle soit partie déjà
Pour écrire " ne me quitte pas "
Qu'ils ne vivent plus sous le même toit
Pour qu'il vienne lui dire qu'il s'en va
On n'écrit pas la chance qu'on a
Pas de chanson d'amour quand on en a
Voilà pourquoi, mon amour
Je n'écris rien
Sur toi
Rassure-toi
Zazie
18 avril 2008
Ce que je sais de toi (à l'artiste)
Ce que je sais de toi
La grâce au bout des doigts
Et le rire qui s'effrite
La voix en mille éclats
Les mots coulent, et parfois
Une larme s'invite
Ce que je sais par cœur
Des forces et des couleurs
Que dansent tes chansons
N'a pour seule pudeur
Qu'un fin manteau de fleurs
Pour en couvrir ton nom
Ce que je sais n'est rien
Mais ça fait tant de bien
Que j'en espère encore
Quelques notes le matin
Puis quand le ciel s'éteint
En pluie de météores
Ce que je sais m'abîme
Quand l'émotion réprime
Ce qu'il reste d'effort
Pour contenir les rimes
D'un auteur anonyme
Au papier sans décor
Ce que je sais de toi
En un souffle s'en va
Retrouver d'autres âmes
Je t'offre un cœur qui bat
Un poème maladroit
Pour unique oriflamme
Ce que je sais m'entraîne
Et le sang dans mes veines
Bouillonne en ton espace
Au prochain tour de scène
Je recevrai, sereine,
Le dernier coup de grâce...
Sparadra
13 avril 2008
The answer (to an adopted child)
Not flesh of my flesh
Nor bone of my bone,
But still miraculously
My own.
Never forget
For a single minute:
You didn't grow under my heart
But in it.
© Fleur Conkling Heyliger
Traduction:
La réponse (à un enfant adopté)
Ni la chair de ma chair
Ni la moëlle de mes os
Mais pourtant miraculeusement
Mien
N'oublie jamais
Un seul instant:
Tu n'as pas grandis sous mon coeur
Mais à l'intérieur
12 avril 2008
Envolée

Après s'être traités de tous les noms d'oiseau
Et volés dans les plumes à s'en briser les ailes
C'est moi qui me retrouve, lassée, le bec dans l'eau
Je suis tombée du nid sans avoir vu le ciel
De mon arbre à ta cage c'était pas bien loin
A peine l'espace d'un mot plus haut que l'autre
A vol d'oiseau ça n'a pris pas moins
D'une seconde pour te pousser à la faute
Je me croyais pourtant tout près du paradis
Une mère-poule pour un coq en pâte
Deux oiseaux sur leur branche, puis
La vie qui s'écroule comme un château de cartes
Pour avoir voulu jouer chacun à tour de rôle
Le corbeau, le pigeon et le canard boiteux
Nos cœurs se sont froissés en un amas de tôle
A jamais épuisés avant même d'être vieux
Va-t-en jouer ailleurs les oiseaux migrateurs
Retrouver d'autres oies aux cervelles de moineau
Les plus bêtes d'entre elles te jetteront des fleurs
Fais leur ton chant du cygne, fais le brave, fais le beau
N'attends plus, mon vautour, que je fasse le pied de grue
Juste en bas de chez toi pour te faire revenir
Ma chair de poule abîmée ne supportera plus
Ce corps qui m'habitait jusqu'à m'en faire rougir
Car si à tes yeux je ne peux trouver grâce
Si l'amour s'en envolé sans demander son reste
Je ne finirai pas en dindon de la farce
Retourne à tes augures, je retourne ma veste
Sparadra
07 avril 2008
Et...
Et au bout de mon souffle je t'offrirai un ange
Pour envoler ton âme vers un ciel sans nuage
Que le voyage soit doux et que ton cœur se lange
Dans la même lumière qui baignait mes images
Et dans un geste tendre je m'improviserai peintre
Je rendrai simplement leur éclat à tes yeux
Te rougirai encore en une dernière étreinte
Pour savoir ce que vaut la couleur des adieux
Et sur ta pierre froide je mettrai le soleil
Qu'il réchauffe de son feu l'absence sur ma peau nue
La caresse encore tiède de ma paume te veille
Chaque fois, chaque endroit, chaque jour un peu plus
Et sur ce qu'il me reste de peines et de détours
J'apprendrai les années, le temps qui pèse en moi
A t'aimer pour de mal, mais à t'aimer toujours
Je m'oublierai enfin en retrouvant tes bras
Sparadra
03 avril 2008
Demain, dès l'aube

Demain, dès l'aube, à l'heure où blanchit la campagne,
Je partirai. Vois-tu, je sais que tu m'attends.
J'irai par la forêt, j'irai par la montagne.
Je ne puis demeurer loin de toi plus longtemps.
Je marcherai les yeux fixés sur mes pensées,
Sans rien voir au dehors, sans entendre aucun bruit,
Seul, inconnu, le dos courbé, les mains croisées,
Triste, et le jour pour moi sera comme la nuit.
Je ne regarderai ni l'or du soir qui tombe,
Ni les voiles au loin descendant vers Harfleur,
Et quand j'arriverai, je mettrai sur ta tombe
Un bouquet de houx vert et de bruyère en fleur.
Victor Hugo
02 avril 2008
Les mots


C'est à l'abri du temps
Qu'ils se sont réfugiés
Pour se perdre un instant
Sur un bout de papier
C'est à l'âme d'un chant
Qu'ils se sont invités
De leur main, attendant
Ta gorge déployée
C'est à l'aube d'un cœur
Qu'il faut imaginer
La fièvre et la douceur
L'une à l'autre emmêlées
Les joies et les douleurs
Qui se sont rencontrées
Dans ces mots de chaleur
Que tes lèvres ont livrés
Ils sonnent avec fracas
S'habillent de velours
La note prend le pas
La magie prend son tour
Quand se rejoignent alors
Leur ombre et ta lumière
Lorsque la vie prend corps
Et ouvre tes paupières
C'est à l'abri du vent
Qu'ils n'ont cessé d'attendre
D'être expiés maintenant
Pour mieux nous faire entendre
A qui voudra pourtant
A qui pourra comprendre
Les mots battus au sang
Dans les chairs les plus tendres
C'est à l'aube d'un mal
Que rien ne peut guérir
Que leur présence avale
Nos hivers et nos pires
Que leur cadence exhale
Ce qu'on ne sait pas dire
C'est ainsi qu'ils nous parlent
Juste avant de mourir
Ils sonnent avec fracas
S'habillent de velours
La note prend le pas
La magie prend son tour
Quand se rejoignent alors
Leur ombre et ta lumière
Lorsque la vie prend corps
Et ouvre tes paupières
Sparadra

