La Parolière

Un site de mots, sans prétention. J'écris des poèmes et des chansons que je vous propose de lire et de commenter. J'apprécie également les textes d'autres artistes, connus ou inconnus, que je souhaite partager.

31 mars 2009

Dis à ton père

leave

Dis à ton père que je regrette
Que j'aurais voulu lui donner
Plus que ce train que je m'apprête
A prendre pour me retrouver

Dis-lui que si j'étais restée
Je n'aurais pas su comment faire
Pas su comment vous concilier
Entre ma douleur et ma chair

~

Dis à ta soeur qu'elle me ressemble
Qu'elle a mes yeux et mon sourire
Ne la laisse pas seule dans sa chambre
La solitude la fera fuire

Dis-lui avant qu'elle ne soit grande
Que tous les chemins sont possibles
Que les amours de contrebande
Ne sont pas tous insubmersibles

~

Dis-toi enfin, puisque tu portes
Le poids de mes tous derniers mots,
Qu'à chacun de tes pas, je t'escorte
Et que je connais ton fardeau

Ne me laisse pas ternir l'éclat
Qui illumine tes sourires
Ce soir je t'emporte avec moi
Dans ma valise de souvenirs

Sparadra

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11 août 2008

Je te souffle...

plume

Je te souffle un doux baiser de plume
Que le vent portera jusqu'à ta joue lointaine
Et ta voix embarquée au large de mes peines
Change un ruisseau de sel en océan d'écume

Je te souffre en milliers de flammes
Elles brûlent ma gorge, elles mangent mes mots
M'embrasent d'une douleur qui finira bientôt
Par recouvrir de cendres le bûcher de mon âme

Je te peine à m'en couler le sang
A m'écouler des maux que je ne dirai pas
Mon regret en bas fonds au temps se figera
Comme une épave sombre au fond de l'océan

Je t'exalte à en perdre la joie
A m'emparer des jours où le mauvais s'enterre
Mais l'espoir est encore ce qu'il me reste à faire
D'amour et de douceur, de cheveux dans mes doigts

Alors...

De mon ruisseau de sel à l'océan d'écume
J'embarque dans ta voix le montant de mes peines
Le vent me portera jusqu'à ta joue lointaine
Où je te soufflerai un doux baiser de plume

Sparadra

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06 mai 2008

Je me souviens

quebec

Je me souviens, c’était hier, c’était il y a 400 ans
Caressant une autre frontière rongée par un même océan
Mes premiers pas en terre de froid foulant cet immense continent
M’enracinant, solide et fier, à ce paysage de géant

Mes peurs et mes déchirements se sont noyés dans les bas-fonds
Quand les courants du St-Laurent ont emporté mes vieux démons
Laissant aux hivers et aux vents le soin de murmurer mon nom
Dans la langue de mes parents et la musique de mon violon

Chaque saison qui revient est un défi au temps qui passe
Lorsque le sol n'offre plus rien qu'un imposant amas de glace
Lorsque l’été se fait indien, dans une dernière dédicace
Et qu’il se couche, orange et brun, sur cet interminable espace 

Je me souviens, c’était hier, c’était il y a 400 ans
Quand ni les larmes ni les guerres n'ont fait plier mon attachement
Je suis plus vivant que naguère, je suis un peu plus fort qu’avant
Dans la mémoire de mes pères et l’avenir de mes enfants

En morceau d'Histoire qui rapproche les deux rivages de l’Atlantique,
Je suis le passé qui s’accroche au cœur des Français d’Amérique

Sparadra

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02 mai 2008

Sur ta joue

dordogne_neige

Le temps me fait défaut
Pour te dire d'où je viens,
D'où tu viens;
Le temps se fait fardeau
Quand mes lèvres ont faim
De te décrire les arbres
Qui peuplaient ma vie.
Autrefois, les gabarres
Coulaient sur la rivière
Au courant endormi,
Comme cette larme sur ta joue

Et l'on parlait encore
La langue ensevelie
Aux accents volubiles;
Celle qui payait le prix
Des saisons difficiles,
Qui connaissait l'effort
Sans lui donner de nom
Et chantait au cantou
Les soirs où les sillons
Avaient été plus doux,
Comme dans le creux de ton cou

Car la terre endurcie
Puisant dans ses extrêmes
N'a pas toujours offert
Le meilleur d'elle-même.
Elle a usé les chairs
Et fatigué les âmes
Des hommes et des femmes
Qui la voulaient plus tendre
Que les fumées de cendres
Des toits endoloris,
Comme ma main sur ton genou

Et le regard des vieux
Ne dépassait jamais
L'horizon capricieux
Assombri de forêts,
Là où le paradis
Voisine avec l'enfer
D'avoir vécu ici
Et d'être né du bois,
De l'ardoise noircie
Qui n'aime que le froid,
Comme cette distance entre nous

A ce qu'il reste d'enfant
Je t'apprends qui je suis,
D'où je viens simplement.
La ligne de ma vie
Se confond désormais
Au courant que j'aimais,
Au calme solitaire
M'arrivant d'aussi loin
Que ton silence amer
Qui ne demandait rien
Rien qu'un baiser sur la joue

Sparadra

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01 mai 2008

Quand je vous ai perdu

Nappées d'ombre et de lumière Empty_Bed
Les voix se réveillent, la vôtre
La mienne, elles se repèrent
Aux notes portées par ces autres

Cœurs qui accompagnent l'instant
Et vous rapprochent tellement de moi
Les bonheurs et les déchirements
Me soulèvent, se relâchent parfois

Teintés de rire, lourds d'émotion
Mes yeux s'allument et s'émerveillent
De ce qui se cache sous la passion
Des corps qui chauffent sans soleil

Et je retrouve tout à coup
Ce qui manque à mes mots
Car prononcés par vous
Ils trouvent un écho

J'éclate mes orages
Et j'oublie mes mirages

Et je retourne à ma vie
Après vous avoir vu
Tout semble plus joli
Quand je vous ai perdu

Repue d'une tendresse imprévue
Mon âme échappe à la douleur
De regretter une fois de plus
L'ordinaire dans toute sa splendeur

Je n'attends pas que vous donniez
Ni rêve ni sens à mes histoires
Mais l'exutoire que vous m'offrez
Apaise un peu mes désespoirs

Et je retrouve tout à coup
Ce qui manque à mes mots
Car prononcés par vous
Ils trouvent un écho

J'éclate mes orages
Et j'oublie mes mirages

Et je retourne à ma vie
Après vous avoir vu
Tout semble plus joli
Quand je vous ai perdu

Lorsqu'en un dernier souffle
Tout le superflu s'évapore
L'essentiel, lui, se camoufle
Sous ma peau. Puis je m'endors.

Et je retourne à ma vie
Après vous avoir vu
Tout semble plus joli
Quand je vous ai perdu

Mes orages ont éclaté
Mes mirages sont oubliés

Je retrouve tout à coup
Ce qui manque à mes mots
Car prononcés par vous
Ils trouvent un écho

Et je retourne à ma vie
Après vous avoir vu
Tout semble plus joli
Quand je vous ai perdu

Sparadra

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29 avril 2008

Je suis...

ego2Je suis ego en froid
Avec moi-même
Je suis écho sans voix
Aux répliques incertaines

Je suis l'automne
Dénudant ses chagrins
Je suis maldone
M'accrochant à ta main

Je suis tout et son contraire
Tout et n'importe quoi
Je suis à tort et à travers
Tout et rien à la fois
Tout et rien à la fois

Je suis le loup et la grand-mère
Le chaperon rouge dans son bois
Je suis mes torts et mes travers
La colère sous un drap de soie
La colère sous un drap de soie


Je suis la femme
Et l'enfant d'abord
Je suis la larme
Versée sans effort

Je suis la force
La glace et le vent
Je suis l'écorce
En surface seulement

Je suis tout et son contraire
Tout et n'importe quoi
Je suis à tort et à travers
Tout et rien à la fois
Tout et rien à la fois

Je suis le loup et la grand-mère
Le chaperon rouge dans son bois
Je suis mes torts et mes travers
La colère sous un drap de soie
La colère sous un drap de soie

Je suis moins l'endroit que l'envers
La face cachée du désarroi
Je suis à mort et en enfer
Ce qu'il reste après toi
Ce qu'il reste après toi


Sparadra

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28 avril 2008

Donne-moi

tendresseDonne-moi...

Ton surplus de tendresse
Ton trop plein d'émotion
Ton supplément d'amour
Offre-moi sans détour
Tes excès de passion
Tes élans d'allégresse

Je piocherai dans tes gestes
Ton excédent de fièvre
Je rendrai à mes mots
Ce qui leur fait défaut
Et boirai à tes lèvres
La douceur qu'il leur reste

Sparadra

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27 avril 2008

La Haute

froid

Cherchez bien, Madame, aux tréfonds de votre âme
Ce que les cons désignent comme étant une science
Brûlez donc en paroles l'idiotie de vos armes
Votre âge vous dégage de la voie du silence

La classe fait le charme de votre condition
Quand le dédain dépasse la bassesse de la mienne
C'est sûrement tout un art d'y prêter attention
De toiser d'un regard ceux qui en valent la peine

Aussi bien astiquée que vos souliers vernis
La croix que vous portez ne m'a pas l'air si lourde
A force de vous goinfrer de messes, de pain béni
A la réalité vos oreilles restent sourdes

Vos mains blanches et légères frôlant avec froideur
Le corps de vos enfants lorsqu'ils s'approchent de vous
Se rappellent-elles encore que les autres ont un coeur
Le vôtre, visiblement, ne battant plus du tout

Sous le vague dessin d'un sourire esquissé
Il me semble deviner un mur de retenue
Qui n'a pas plus de sens, si vous me permettez,
Que ce manche à balai coincé dans votre cul

Sparadra

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26 avril 2008

Sainte Marie de la Guerre

guernica

Elle porte en son sein le meilleur et le pire
La douceur de la femme, la violence de l'enfant
Qui lui sera torture jusqu'à temps d'en mourir
Qui se fera soldat bien avant ses 15 ans

Elle porte en son âme les âpres cicatrices
Laissées par les frontières usées d'être meurtries
Qu'une terre ou qu'un Dieu arracherait à la vie
Pour ce qui ne vaut pas de si grands sacrifices

Elle pleure encore ses pères
Elle pleurera ses fils
Sainte Marie de la Guerre
Sainte Marie l'Injustice

Elle périra demain
Par la main fratricide
Sainte Marie du Chagrin
Sainte Marie l'Apatride

Elle plie sous le poids de l'angoisse et des fers
Qu'on lui attache au cœur pour ne pas qu'il s'échappe
Si c'est par le silence qu'on espère la faire taire
Ses yeux parlent pour elle lorsque sa voix dérape

Elle plie sous la peine de n'avoir plus personne
A qui hurler sa rage amarrée d'impuissance
En qui puiser la force qui soigne et qui pardonne
Les failles meurtrières des hommes sans conscience

Elle pleure encore ses pères
Elle pleurera ses fils
Sainte Marie de la Guerre
Sainte Marie l'Injustice

Elle périra demain
Par la main fratricide
Sainte Marie du Chagrin
Sainte Marie l'Apatride

Elle endosse chaque jour ses habits de tristesse
Se couvre du malheur qui la suivra encore
Tout au long de son âge, et pour qu'il disparaisse
Il faudrait qu'elle renonce à habiter son corps

Elle endosse sur sa peau le froid de l'inquiétude
De les savoir si loin, de les aimer ailleurs
Et de ne pas comprendre autant de servitude
Pour ce qui n'amènera jamais rien de meilleur

Elle pleure encore ses pères
Elle pleurera ses fils
Sainte Marie de la Guerre
Sainte Marie l'Injustice

Elle périra demain
Par la main fratricide
Sainte Marie du Chagrin
Sainte Marie l'Apatride

D'absence et de faiblesse
Elle pleure des bouts de chair
Sainte Marie la Détresse
Sainte Marie de l'Enfer

Sparadra

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24 avril 2008

L'enfant qui n'est plus là

angebrise4

L'absence mène la danse de son pas perdu
  Le silence gris et les mots décousus
  Ont éteint la lumière dans ses yeux et sa voix
  Et chaque année qui passe enlace une autre larme
  En chaque anniversaire se terre un nouveau drame
  Pour un sourire dans un cadre en bois
  L'enfant qui n'est plus là

Et l'espace d'un instant, ils se surprennent à croire
  Qu'il déboulera soudain au détour d'un couloir
  Q'ils l'entendront peut-être encore une dernière fois
  Au fond d'une chambre vide tapissée de chagrin
  Où se dessine encore l'empreinte d'une main
  Oubliée sur la vitre privée de son éclat
  L'enfant qui n'est plus là

S'est envolée l'envie, scellé le mal de vivre
  Plus la force de s'aimer, d'aimer à se souvenir
  Le temps se fait combat, et le pire dans tout ça
  Se survit à lui même, essaime ce qu'il reste
  De passé et d'avenir, dans sa robe funeste
  Enveloppant un coeur qui ne grandira pas
  L'enfant qui n'est plus là

Lutter une fois de plus, mener la même guerre
  Chaque matin que Dieu fait se défait de colère
  Arrachée au bonheur qui remplissait leurs bras
  L'absence mène la danse de son pas perdu
  Dans ce silence gris qui lentement les tue
  Pour un corps qui dort sous une croix
  L'enfant qui n'est plus là

Sparadra

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