06 mai 2008
Je me souviens

Je me souviens, c’était hier, c’était il y a 400 ans
Caressant une autre frontière rongée par un même océan
Mes premiers pas en terre de froid foulant cet immense continent
M’enracinant, solide et fier, à ce paysage de géant
Mes peurs et mes déchirements se sont noyés dans les bas-fonds
Quand les courants du St-Laurent ont emporté mes vieux démons
Laissant aux hivers et aux vents le soin de murmurer mon nom
Dans la langue de mes parents et la musique de mon violon
Chaque saison qui revient est un défi au temps qui passe
Lorsque le sol n'offre plus rien qu'un imposant amas de glace
Lorsque l’été se fait indien, dans une dernière dédicace
Et qu’il se couche, orange et brun, sur cet interminable espace
Je me souviens, c’était hier, c’était il y a 400 ans
Quand ni les larmes ni les guerres n'ont fait plier mon attachement
Je suis plus vivant que naguère, je suis un peu plus fort qu’avant
Dans la mémoire de mes pères et l’avenir de mes enfants
En morceau d'Histoire qui rapproche les deux rivages de l’Atlantique,
Je suis le passé qui s’accroche au cœur des Français d’Amérique
Sparadra
02 mai 2008
Sur ta joue

Le temps me fait défaut
Pour te dire d'où je viens,
D'où tu viens;
Le temps se fait fardeau
Quand mes lèvres ont faim
De te décrire les arbres
Qui peuplaient ma vie.
Autrefois, les gabarres
Coulaient sur la rivière
Au courant endormi,
Comme cette larme sur ta joue
Et l'on parlait encore
La langue ensevelie
Aux accents volubiles;
Celle qui payait le prix
Des saisons difficiles,
Qui connaissait l'effort
Sans lui donner de nom
Et chantait au cantou
Les soirs où les sillons
Avaient été plus doux,
Comme dans le creux de ton cou
Car la terre endurcie
Puisant dans ses extrêmes
N'a pas toujours offert
Le meilleur d'elle-même.
Elle a usé les chairs
Et fatigué les âmes
Des hommes et des femmes
Qui la voulaient plus tendre
Que les fumées de cendres
Des toits endoloris,
Comme ma main sur ton genou
Et le regard des vieux
Ne dépassait jamais
L'horizon capricieux
Assombri de forêts,
Là où le paradis
Voisine avec l'enfer
D'avoir vécu ici
Et d'être né du bois,
De l'ardoise noircie
Qui n'aime que le froid,
Comme cette distance entre nous
A ce qu'il reste d'enfant
Je t'apprends qui je suis,
D'où je viens simplement.
La ligne de ma vie
Se confond désormais
Au courant que j'aimais,
Au calme solitaire
M'arrivant d'aussi loin
Que ton silence amer
Qui ne demandait rien
Rien qu'un baiser sur la joue
Sparadra
01 mai 2008
Quand je vous ai perdu
Nappées d'ombre et de lumière 
Les voix se réveillent, la vôtre
La mienne, elles se repèrent
Aux notes portées par ces autres
Cœurs qui accompagnent l'instant
Et vous rapprochent tellement de moi
Les bonheurs et les déchirements
Me soulèvent, se relâchent parfois
Teintés de rire, lourds d'émotion
Mes yeux s'allument et s'émerveillent
De ce qui se cache sous la passion
Des corps qui chauffent sans soleil
Et je retrouve tout à coup
Ce qui manque à mes mots
Car prononcés par vous
Ils trouvent un écho
J'éclate mes orages
Et j'oublie mes mirages
Et je retourne à ma vie
Après vous avoir vu
Tout semble plus joli
Quand je vous ai perdu
Repue d'une tendresse imprévue
Mon âme échappe à la douleur
De regretter une fois de plus
L'ordinaire dans toute sa splendeur
Je n'attends pas que vous donniez
Ni rêve ni sens à mes histoires
Mais l'exutoire que vous m'offrez
Apaise un peu mes désespoirs
Et je retrouve tout à coup
Ce qui manque à mes mots
Car prononcés par vous
Ils trouvent un écho
J'éclate mes orages
Et j'oublie mes mirages
Et je retourne à ma vie
Après vous avoir vu
Tout semble plus joli
Quand je vous ai perdu
Lorsqu'en un dernier souffle
Tout le superflu s'évapore
L'essentiel, lui, se camoufle
Sous ma peau. Puis je m'endors.
Et je retourne à ma vie
Après vous avoir vu
Tout semble plus joli
Quand je vous ai perdu
Mes orages ont éclaté
Mes mirages sont oubliés
Je retrouve tout à coup
Ce qui manque à mes mots
Car prononcés par vous
Ils trouvent un écho
Et je retourne à ma vie
Après vous avoir vu
Tout semble plus joli
Quand je vous ai perdu
Sparadra