29 avril 2008
Je suis...
Je suis ego en froid
Avec moi-même
Je suis écho sans voix
Aux répliques incertaines
Je suis l'automne
Dénudant ses chagrins
Je suis maldone
M'accrochant à ta main
Je suis tout et son contraire
Tout et n'importe quoi
Je suis à tort et à travers
Tout et rien à la fois
Tout et rien à la fois
Je suis le loup et la grand-mère
Le chaperon rouge dans son bois
Je suis mes torts et mes travers
La colère sous un drap de soie
La colère sous un drap de soie
Je suis la femme
Et l'enfant d'abord
Je suis la larme
Versée sans effort
Je suis la force
La glace et le vent
Je suis l'écorce
En surface seulement
Je suis tout et son contraire
Tout et n'importe quoi
Je suis à tort et à travers
Tout et rien à la fois
Tout et rien à la fois
Je suis le loup et la grand-mère
Le chaperon rouge dans son bois
Je suis mes torts et mes travers
La colère sous un drap de soie
La colère sous un drap de soie
Je suis moins l'endroit que l'envers
La face cachée du désarroi
Je suis à mort et en enfer
Ce qu'il reste après toi
Ce qu'il reste après toi
Sparadra
28 avril 2008
Donne-moi
Donne-moi...
Ton surplus de tendresse
Ton trop plein d'émotion
Ton supplément d'amour
Offre-moi sans détour
Tes excès de passion
Tes élans d'allégresse
Je piocherai dans tes gestes
Ton excédent de fièvre
Je rendrai à mes mots
Ce qui leur fait défaut
Et boirai à tes lèvres
La douceur qu'il leur reste
Sparadra
27 avril 2008
La Haute

Cherchez bien, Madame, aux tréfonds de votre âme
Ce que les cons désignent comme étant une science
Brûlez donc en paroles l'idiotie de vos armes
Votre âge vous dégage de la voie du silence
La classe fait le charme de votre condition
Quand le dédain dépasse la bassesse de la mienne
C'est sûrement tout un art d'y prêter attention
De toiser d'un regard ceux qui en valent la peine
Aussi bien astiquée que vos souliers vernis
La croix que vous portez ne m'a pas l'air si lourde
A force de vous goinfrer de messes, de pain béni
A la réalité vos oreilles restent sourdes
Vos mains blanches et légères frôlant avec froideur
Le corps de vos enfants lorsqu'ils s'approchent de vous
Se rappellent-elles encore que les autres ont un coeur
Le vôtre, visiblement, ne battant plus du tout
Sous le vague dessin d'un sourire esquissé
Il me semble deviner un mur de retenue
Qui n'a pas plus de sens, si vous me permettez,
Que ce manche à balai coincé dans votre cul
Sparadra
26 avril 2008
Sainte Marie de la Guerre

Elle porte en son sein le meilleur et le pire
La douceur de la femme, la violence de l'enfant
Qui lui sera torture jusqu'à temps d'en mourir
Qui se fera soldat bien avant ses 15 ans
Elle porte en son âme les âpres cicatrices
Laissées par les frontières usées d'être meurtries
Qu'une terre ou qu'un Dieu arracherait à la vie
Pour ce qui ne vaut pas de si grands sacrifices
Elle pleure encore ses pères
Elle pleurera ses fils
Sainte Marie de la Guerre
Sainte Marie l'Injustice
Elle périra demain
Par la main fratricide
Sainte Marie du Chagrin
Sainte Marie l'Apatride
Elle plie sous le poids de l'angoisse et des fers
Qu'on lui attache au cœur pour ne pas qu'il s'échappe
Si c'est par le silence qu'on espère la faire taire
Ses yeux parlent pour elle lorsque sa voix dérape
Elle plie sous la peine de n'avoir plus personne
A qui hurler sa rage amarrée d'impuissance
En qui puiser la force qui soigne et qui pardonne
Les failles meurtrières des hommes sans conscience
Elle pleure encore ses pères
Elle pleurera ses fils
Sainte Marie de la Guerre
Sainte Marie l'Injustice
Elle périra demain
Par la main fratricide
Sainte Marie du Chagrin
Sainte Marie l'Apatride
Elle endosse chaque jour ses habits de tristesse
Se couvre du malheur qui la suivra encore
Tout au long de son âge, et pour qu'il disparaisse
Il faudrait qu'elle renonce à habiter son corps
Elle endosse sur sa peau le froid de l'inquiétude
De les savoir si loin, de les aimer ailleurs
Et de ne pas comprendre autant de servitude
Pour ce qui n'amènera jamais rien de meilleur
Elle pleure encore ses pères
Elle pleurera ses fils
Sainte Marie de la Guerre
Sainte Marie l'Injustice
Elle périra demain
Par la main fratricide
Sainte Marie du Chagrin
Sainte Marie l'Apatride
D'absence et de faiblesse
Elle pleure des bouts de chair
Sainte Marie la Détresse
Sainte Marie de l'Enfer
Sparadra
24 avril 2008
L'enfant qui n'est plus là
L'absence mène la danse de son pas perdu
Le silence gris et les mots décousus
Ont éteint la lumière dans ses yeux et sa voix
Et chaque année qui passe enlace une autre larme
En chaque anniversaire se terre un nouveau drame
Pour un sourire dans un cadre en bois
L'enfant qui n'est plus là
Et l'espace d'un instant, ils se surprennent à croire
Qu'il déboulera soudain au détour d'un couloir
Q'ils l'entendront peut-être encore une dernière fois
Au fond d'une chambre vide tapissée de chagrin
Où se dessine encore l'empreinte d'une main
Oubliée sur la vitre privée de son éclat
L'enfant qui n'est plus là
S'est envolée l'envie, scellé le mal de vivre
Plus la force de s'aimer, d'aimer à se souvenir
Le temps se fait combat, et le pire dans tout ça
Se survit à lui même, essaime ce qu'il reste
De passé et d'avenir, dans sa robe funeste
Enveloppant un coeur qui ne grandira pas
L'enfant qui n'est plus là
Lutter une fois de plus, mener la même guerre
Chaque matin que Dieu fait se défait de colère
Arrachée au bonheur qui remplissait leurs bras
L'absence mène la danse de son pas perdu
Dans ce silence gris qui lentement les tue
Pour un corps qui dort sous une croix
L'enfant qui n'est plus là
Sparadra
20 avril 2008
Alone
From childhood's hour I have not been
As others were; I have not seen
As others saw; I could not bring
My passions from a common spring.
From the same source I have not taken
My sorrow; I could not awaken
My heart to joy at the same tone;
And all I loved, I loved alone.
Then - in my childhood, in the dawn
Of a most stormy life - was drawn
From every depth of good and ill
The mystery which binds me still:
From the torrent, or the fountain,
From the red cliff of the mountain,
From the sun that round me rolled
In its autumn tint of gold,
From the lightning in the sky
As it passed me flying by,
From the thunder and the storm,
And the cloud that took the form
(When the rest of Heaven was blue)
Of a demon in my view.
Edgar Allan Poe
19 avril 2008
Sur toi
Un jolie chanson :
Les petites morts, sur les blessure
J'écris ma peur
Mon manque d'amour
J'écris du cœur
Mais c'est toujours
Sur ce que je n'ai pas pu dire
Pas pu vivre, pas su retenir
J'écris en vers
Et contre tous
C'est toujours l'enfer
Qui me pousse
A jeter l'encre sur le papier
La faute sur ceux qui m'ont laissée
Ecrire, c'est toujours reculer
L'instant où tout s'est écroulé
On n'écrit pas
Sur ce qu'on aime
Sur ce qui ne pose pas
Problème
Voilà pourquoi
Je n'écris pas
Sur toi
Rassure-toi
J'écris sur ce qui me blesse
La liste des forces qu'il me reste
Mes kilomètres de vis manquée
De mal en prose, de vers brisés
J'écris comme on miaule sous la lune
Dans la nuit, je trempe ma plume
J'écris l'abcès
J'écris l'absent
J'écris la pluie
Pas le beau temps
J'écris ce qui ne se dit pas
Sur les murs, j'écris sur les toits
Ecrire, c'est toujours revenir
A ceux qui nous ont fait partir
On n'écrit pas qu'on manque de rien
Qu'on est heureux, que tout va bien
Voilà pourquoi
Je n'écris pas
Sur toi
Rassure-toi
J'écris quand j'ai mal aux autres
Quand ma peine ressemble à la votre
Quand le monde me fait le gros dos
Je lui fais porter le chapeau
J'écris le blues indélébile
Ça me paraît moins difficile
De dire à tous plutôt qu'à un
Et d'avoir le mot de la fin
Il faut qu'elle soit partie déjà
Pour écrire " ne me quitte pas "
Qu'ils ne vivent plus sous le même toit
Pour qu'il vienne lui dire qu'il s'en va
On n'écrit pas la chance qu'on a
Pas de chanson d'amour quand on en a
Voilà pourquoi, mon amour
Je n'écris rien
Sur toi
Rassure-toi
Zazie
18 avril 2008
Ce que je sais de toi (à l'artiste)
Ce que je sais de toi
La grâce au bout des doigts
Et le rire qui s'effrite
La voix en mille éclats
Les mots coulent, et parfois
Une larme s'invite
Ce que je sais par cœur
Des forces et des couleurs
Que dansent tes chansons
N'a pour seule pudeur
Qu'un fin manteau de fleurs
Pour en couvrir ton nom
Ce que je sais n'est rien
Mais ça fait tant de bien
Que j'en espère encore
Quelques notes le matin
Puis quand le ciel s'éteint
En pluie de météores
Ce que je sais m'abîme
Quand l'émotion réprime
Ce qu'il reste d'effort
Pour contenir les rimes
D'un auteur anonyme
Au papier sans décor
Ce que je sais de toi
En un souffle s'en va
Retrouver d'autres âmes
Je t'offre un cœur qui bat
Un poème maladroit
Pour unique oriflamme
Ce que je sais m'entraîne
Et le sang dans mes veines
Bouillonne en ton espace
Au prochain tour de scène
Je recevrai, sereine,
Le dernier coup de grâce...
Sparadra
13 avril 2008
The answer (to an adopted child)
Not flesh of my flesh
Nor bone of my bone,
But still miraculously
My own.
Never forget
For a single minute:
You didn't grow under my heart
But in it.
© Fleur Conkling Heyliger
Traduction:
La réponse (à un enfant adopté)
Ni la chair de ma chair
Ni la moëlle de mes os
Mais pourtant miraculeusement
Mien
N'oublie jamais
Un seul instant:
Tu n'as pas grandis sous mon coeur
Mais à l'intérieur
12 avril 2008
Envolée

Après s'être traités de tous les noms d'oiseau
Et volés dans les plumes à s'en briser les ailes
C'est moi qui me retrouve, lassée, le bec dans l'eau
Je suis tombée du nid sans avoir vu le ciel
De mon arbre à ta cage c'était pas bien loin
A peine l'espace d'un mot plus haut que l'autre
A vol d'oiseau ça n'a pris pas moins
D'une seconde pour te pousser à la faute
Je me croyais pourtant tout près du paradis
Une mère-poule pour un coq en pâte
Deux oiseaux sur leur branche, puis
La vie qui s'écroule comme un château de cartes
Pour avoir voulu jouer chacun à tour de rôle
Le corbeau, le pigeon et le canard boiteux
Nos cœurs se sont froissés en un amas de tôle
A jamais épuisés avant même d'être vieux
Va-t-en jouer ailleurs les oiseaux migrateurs
Retrouver d'autres oies aux cervelles de moineau
Les plus bêtes d'entre elles te jetteront des fleurs
Fais leur ton chant du cygne, fais le brave, fais le beau
N'attends plus, mon vautour, que je fasse le pied de grue
Juste en bas de chez toi pour te faire revenir
Ma chair de poule abîmée ne supportera plus
Ce corps qui m'habitait jusqu'à m'en faire rougir
Car si à tes yeux je ne peux trouver grâce
Si l'amour s'en envolé sans demander son reste
Je ne finirai pas en dindon de la farce
Retourne à tes augures, je retourne ma veste
Sparadra

